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Le tour du Lac Malaren

Le tour du Lac Malaren

  • Auteur: Gaël et Ronan
  • Date: 16 Juin, 2017
  • Categorie:

Les forêts de conifères sont progressivement remplacées par des champs de céréales à mesure que l’on s’approche du lac Mälaren, troisième plus grande étendue d’eau douce suédoise. Bien que plus long, nous choisissons de suivre la rive sud pour rejoindre la capitale, car d’importants châteaux y ont été bâtis.

En chemin, nous croisons la route d’un nouveau site viking à Anundshog, dont se dresse à l’entrée une haute et fine pierre runique. De nombreuses pierres tombales y sont disposées en forme de coques de bateaux, facilement observables depuis le plus grand tertre funéraire de Suède adjacent.

A quelques kilomètres de là se trouve Vasteras, ancien port viking ayant bien changé aujourd’hui. Nous posons les vélos à proximité du musée Karlsgatan 2, croyant que sa tour est le clocher de la cathédrale que nous recherchons.

Celle-ci est en fait un peu plus loin, pourtant immanquable avec sa façade décorée de motifs blancs tranchant sur les briques rouges. L’intérieur dans son ensemble n’est pas époustouflant, d’autant qu’une exposition sur la Réforme en Suède, certes fort instructive, en masque une partie. Mais la beauté se cachant dans les détails, l’observation attentive de ses trois triptyques et des monuments funéraires nous fait revoir notre position.

Le retour aux vélos nous fait passer à travers les ruelles des quartiers anciens, devant l’agréable petit jardin botanique, le massif château rouge d’extérieur et à la cour intérieure jaune, la Maison des Turbines, et l’Hôtel de Ville, dont l’impressionnante tour domine la ville. Tous ces lieux du centre historique bordant la rivière Svartan créent une atmosphère paisible tranchant avec le dynamisme des quartiers modernes l’entourant.

Après les forges d’Angelsberg, le travail du fer nous rattrape encore à Eskilstuna, où les anciennes forges construites au XVIIème siècle ont été réaménagées en quartier d’artisanat. Différents commerces tels que coutellerie, cordonnerie ou atelier à tisser redonnent ainsi vie aux petites échoppes en bois rouge d’époque. Pas de chance pour nous, plusieurs d’entre eux sont fermés car ils se rendent au célèbre marché viking de Birka.

Du fer, la ville en a fait le cœur de son économie jusqu’au XIXème siècle, comme on peut le découvrir dans le musée de la ville. Des machine-outils y côtoient des armes diverses et autres véhicules de la révolution industrielle, nous rappelant le musée des Sciences et de l’Industrie de Manchester. Les explications en anglais sont faibles, contribuant peut-être à notre perplexité face à l’exposition sur l’industrie suédoise des armes à feu abordée de manière assumée et impartiale. Les enfants se rappelleront plutôt des expériences scientifiques et interactives variées du dernier étage qui font de ce musée un lieu multi-générationnel.

Les deux hautes flèches de la cathédrale nous ayant surveillé toute la journée, nous ne résistons pas à l’envie de faire sa connaissance. Contrairement à sa façade écrasante, l’intérieur nous paraît étriqué, ses hautes arcades de briques rouges aux contreforts percés d’un étroit passage ne suffisant pas à agrandir le volume interne de l’édifice. Nous nous faufilons jusqu’au chœur doré dont le retable est subtilement glissé entre deux piliers.

En partant, nous levons les yeux vers le texte du plafond joliment décoré d’une petite chapelle dont nous ne saurons que juger la qualité esthétique. Caractéristique inhabituelle, la cathédrale n’est pas orientée est-ouest mais alignée avec le pont enjambant l’Eskilstunaan.

D’une cathédrale à une autre, notre pèlerinage se poursuit à Strangnas. La comparaison s’arrêtera là, cette fois l’intérieur nous subjuguera. Les fines fresques du XVème siècle sur les voûtes et plafond prolongent superbement les piliers de briques rouges supportant drapeaux et blasons. La qualité des trois retables est à la hauteur des chapelles abritant de fastueux monuments funéraires, enrichissant encore un intérieur se suffisant à lui-même.

L’ambiance religieuse devient festive en rejoignant les voiliers amarrés sur le lac Mälaren, transformant les villages autrefois pittoresques, comme l’atteste ici le quartier ancien tourné autour de son moulin à six pales, en stations balnéaires, désormais centrées sur leurs marinas. Cette vitrine éphémère fort prisée l’été des vacanciers ne réussit pas à masquer les tours des quartiers résidentiels vieillissants que nous traversons en direction de Mariefred.

Du trajet entre ces trois objectifs prévus de notre itinéraire, nous retiendrons également les belles découvertes qu’offrent les hasards du voyage pour celui qui prend le temps de s’y attarder. A l’ombre des magistrales cathédrales de ces villes balnéaires, de mignonnes petites églises agrémentent les paysages quotidiens des habitants de l’arrière-pays avec qui nous les partageons à l’occasion d’une halte. C’est ainsi qu’un simple panneau en bord de route peut vous inviter à découvrir un élément notable racontant le pays autrement, telle que la pierre runique de Sigurd gravée sur une roche affleurante, ou celle d’un cimetière de campagne.

Nos premiers contacts avec les berges du lac Mälaren nous ont permis de percevoir une partie de son passé, historique avec les pierres runiques, industriel avec les forges d’Eskilstuna, et religieux avec les différentes cathédrales et le cimetière d’Anundshog. Ce cadre est aussi depuis longtemps propice aux loisirs, pour l’instant nous n’en avons vu qu’une des pratiques récentes avec la vie estivale de ses marinas, mais nous nous approchons des anciennes résidences royales de Gripsholm et Drottningholm dédiées à la détente.

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