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L’ascension impossible  de la Voringsfossen

L’ascension impossible
de la Voringsfossen

  • Auteur: Gaël et Ronan
  • Date: 11 Mai, 2017
  • Categorie:

Ce changement d’itinéraire nous amène à repasser voir la cascade de la Skjervfossen, puis à contourner un nouveau tunnel en grimpant jusqu’à Espeland, petit hameau où nous campons au bord de son lac. La superbe descente vers Ulvik avalée au petit-déjeuner nous offre un très beau panorama sur la ville et son fjord, que nous longeons pour atteindre l’unique pont enjambant l’Eidfjorden.

Un pique-nique rapidement avalé, entre vent et averses, nous donne des forces pour rejoindre Eidfjord. Encore un bureau d’informations touristiques, qui cette fois nous apprend que la piste cyclable pour franchir le prochain col est fermée à cause d’éboulements, mais nous glisse a demi-mot que des cyclistes locaux l’emprunte tout de même. Cet étonnant conseil, associé à une mauvaise interprétation du relief sur notre carte routière, nous conduit à nous élancer à 17 heures de manière insouciante dans une ascension qui s’avérera tant difficile que risquée…

Petit plateau, petite vitesse, et 3 heures à mouliner pour parcourir les 8 kilomètres qui nous mènent effectivement à la première portion fermée aux vélos. Et pour cause : des rochers jonchent une route en bord de précipice au bitume défoncé, recouverte par endroits de plaques de neige. Idéal pour deux vélos couchés chargés, que nous poussons à plusieurs reprises sur deux longs kilomètres.

Bilan des courses, il est 20h, nous voilà au carrefour de deux routes, l’une pour les voitures interdite des deux côtés aux vélos pour cause de tunnels, et la voie cyclable, dont nous venons de franchir difficilement les obstacles et qui est totalement enneigée devant nous. La faim, la fatigue et l’obscurité tombante nous incite à camper sur place, mais l’impressionnant effondrement de la montagne en face de nous, première vraie frayeur du voyage, nous fait envisager de redescendre par le tunnel malgré l’importante circulation. Que faire ? Pour deux bretons ne connaissant pas la montagne, nous choisissons l’option qui nous semble la plus prudente, camper sur place et redescendre de bonne heure le lendemain.

Retour à la case départ, alors que les quelques flocons prévus pour le lendemain commencent déjà à tomber. Le bus de ligne, alors qu’entièrement vide, refuse de nous faire passer le col car un seul des vélos passe dans la soute. C’est le désormais bien connu bureau d’informations touristiques d’Eidfjord qui nous trouve une solution : l’un des cars affrétés depuis Geilo pour amener en excursion les touristes d’un paquebot, dont l’arrivée est imminente, accepte de rentrer avec nous et nos vélos en fin de journée.

C’est en voyant la quantité de neige bordant la route, assis au chaud et motorisés, que nous constatons l’impossibilité de franchir à vélo la Voringsfossen en cette saison. La suite du parcours vers Oslo se déroule enfin comme prévu.

A Nesbyen, nous reprenons confiance envers les offices touristiques norvégiens. Ce dernier nous confirme la possibilité de changer de vallée en empruntant la Vassfarvegen, praticable malgré la neige récemment tombée. Effectivement, les 800 mètres de dénivelés positifs nous offrent un panorama ensoleillé sur la vallée et sur les lacs toujours gelés au sommet. Deux belles églises en bois typiques à Torpo et Hedalen, datant des environs du XIIème siècle, ponctueront notre route menant jusqu’au fjord Sperillen. Le relief environnant s’atténue à mesure que nous le longeons, faisant pressentir l’apparition d’Oslo.

Nous retiendrons que les pays de montagne nécessitent une préparation un peu plus poussée qu’un simple choix d’itinéraire sur la carte, comme nous l’avons fait en quittant Hirtsals, poussés par l’envie de traverser la Norvège plutôt que de seulement suivre une partie de sa côte. Tenir compte de la saisonnalité est aussi important pour visiter ce pays, comme le résume parfaitement la phrase répétée à chaque office de tourisme : « It’s too early ! ». Ces difficultés ne nous ont nullement empêchés d’apprécier à leur juste mesure les paysages à couper le souffle croisés sur notre route.

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