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La Dalécarlie, un passé industriel

La Dalécarlie,
un passé industriel

  • Auteur: Gaël et Ronan
  • Date: 10 Juin, 2017
  • Categorie:

Leksand ayant marqué la fin du cratère du Siljan, nous prenons la direction de Falun, principale ville de Dalécarlie dont on ne cesse de nous conseiller la visite de sa mine. La ville suscite depuis un moment notre curiosité pour ce fameux pigment rouge devenu inévitable dans le paysage suèdois.

Notre entrée se fait par la partie la plus récente de la ville, où aucune façade rouge telle que nous l’attendions n’est visible. Étonnés, la première trace de rouge que nous croisons est celle de la brique de l’église Kristina, trônant fièrement sur la place centrale Stora Torget. A l’intérieur, c’est cette fois le bleu de sa décoration qui saute aux yeux, ainsi que l’incroyable dallage de son choeur. Sur cette même place se trouvent l’hôtel de ville et le Bergslagen, anciens bureaux de la société exploitant le cuivre.

Enfin, nous apercevons l’ocre de Falun en nous rendant à Ostänfors et Elsborg, quartiers minier datant du XVIIème siècle. Les maisons en bois y sont imbriquées, formant des ruelles étroites et de petites cours intérieures toujours utilisées en jardins privés. Nous nous y promenons au hasard jusqu’à rejoindre les berges du Faluan, rivière traversant la ville. Ici aussi, la cheminée de la Siverhyttan ainsi que le bâtiment de la Vitriol Plant, construit en scories (agglomérat des résidus de l’extraction du cuivre) attestent de son passé minier. L’église Stora Kopparberget, réservée aux miniers, renforce encore notre impatience de visiter la mine elle-même.

C’est donc déjà imprégnés de l’histoire de la ville que nous découvrons l’énorme gouffre, issue de l’éboulement de trois mines plus petites. Le guide nous apprend que par chance, personne ne fut tué lors de cet affaissement ayant eu lieu le jour de Midsommar, déjà férié à cette époque en Suède.

Suite à cela, il fut décidé d’étayer les souterrains avec des troncs d’arbres pour pallier à leurs craintes. Les anecdotes du guide au sein du dédale de galeries plonge le visiteur dans la vie quotidienne et difficile des mineurs de Falun à l’apogée de l’extraction du cuivre. On y apprend la manière dont ils se brûlaient les sourcils en tenant les torches entre leurs dents, leurs acrobaties en descendant à travers le puits et la recette de la saucisse de Falun créée pour écouler la viande issue de l’abattage massif de vaches dont le cuir servait à la fabrication de cordes.

A notre remontée à la surface, nous rencontrons Andreas Suedois francophile et notre hôte pour les 2 jours suivants, dont nous écoutons le fils jouer du violon pour la célébration du 6 juin, jour de la fête nationale. Les échanges au cours des 2 soirées passées chez lui, nous aideront à mieux connaître le pays, à travers leur système éducatif tant loué chez nous et dont il nuance les résultats suite à la création d’inégalité et à la baisse du niveau général depuis l’introduction du financement du secteur privé. L’un des autres sujets abordés fut le fonctionnement de leurs institutions politiques et la position des différents partis vis-à-vis du rôle et des coûts engendrés par la famille royale. Nous avons également discuté sur nos pratiques respectives du bivouac, celles des Samis et partagé longuement nos avis sur le matériel technique.

Notre séjour à Falun, s’achèvera par la visite du musée de la Dalécarlie où nous découvrons une collection aussi riche que loufoque de ces fameux « chevaux », de peintures et fresques traditionnelles de la région, du travail et de la Vie de Selma Lagerf (écrivain suédois et première femme prix Nobel de littérature) et des instruments de musique Hagstrom, marque Dalécarlienne mondialement connue.

Sur la route qui nous mènera au lac Malaren, le passé industriel de la région restera le fil rouge (de Falun) de nos haltes, à l’exception de l’étonnant défilé de chars des étudiants de Borlange fêtant la fin de l’année universitaire. Nous découvrons ainsi l’ingéniosité de l’arbre à transmission de Norberg permettant de transformer et conduire l’énergie hydraulique jusqu’aux mines ainsi que le bleu turquoise de l’eau des anciennes mines d’argent d’Ostra Salvberg, aujourd’hui devenues des lacs.

L’argent était également exploité à Sala où un musée expose, dans d’anciens bâtiments de la mine, une frise historique, une maquette et des objets divers liés plus ou moins directement à l’activité minière. Le gouffre principal est aujourd’hui reconverti en parc d’accrobranche et des ateliers pédagogiques permettent de montrer comment s’organisait le travail à la mine. Enfin, nous suivons le trajet des minerais extraits avec le détour aux forges d’Angelsberg, classées comme la ville de Falun au patrimoine mondial de l’Unesco. Le bâtiment principal y est très bien conservé mais faute de pouvoir y pénétrer, son fonctionnement exact nous échappe.

Ainsi se conclut la Dalécarlie, région dont les paysages traversés témoignent de l’activité industrielle ayant par le passé, permis son rayonnement économique, lui-même à l’origine de son rayonnement culturel toujours d’actualité. Au vu des camions chargés de fûts croisés sur la route, l’exploitation forestière semble quant à elle toujours florissante et bien que les mines ne soient plus exploitées aujourd’hui, leurs reconversions touristiques attire toujours les foules. Nous, les premiers.

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