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Stockholm, capitale bâtie sur l’eau

Stockholm,
capitale bâtie sur l’eau

  • Auteur: Gaël et Ronan
  • Date: 27 Juin, 2017
  • Categorie:

Saint Augustin disait que « la ville, ce sont des murs et des hommes », s’il était venu à Stockholm il aurait ajouté de l’eau. Notre premier tour en ville se fera entre photomaton, copiste et centre des visas, dans l’espoir d’obtenir le précieux sésame pour la Russie.

C’est au cours de ces déambulations que nous remarquerons l’articulation de la ville autour de son pont central, le clocher ajouré de l’église Riddarholms, le mélange d’architecture de tous styles et toutes époques, l’imposante tour de la mairie et bien sûr l’immense réserve naturelle de Nacka où nous établirons nos quartiers, située au sud du Sicklasjön, l’un des nombreux bras de mer qui découpe la ville.

Notre première visite sera pourtant bien éloigné du monde aquatique puisque nous voila plongés en pleine forêt urbaine, au beau milieu d’un cimetière paysager qui nous a attiré pour son classement au patrimoine mondial de l’Unesco.

A l’entrée du Skogskyrkogarden, une grande croix, nous attend au milieu d’une gigantesque pelouse, à coté de laquelle la silhouette de quelques conifères plantés sur une colline se détachent également de l’horizon. Le bâtiment principal, juxtaposition de parallélépipèdes, tranche autant par sa couleur sur le fond vert des sapins que par sa position au bord de la vaste pelouse. Nous étions arrivés curieux sur le site, peu éclairés par le descriptif succinct du guide et en sortons perplexe, essayant de justifier son classement par la date précoce de sa création.

En effet, l’aménagement, issu d’un concours d’architecture, date de 1920. Les gagnants, Gunnar Asplund et Sigurd Lewerentz, architectes avant-gardistes et membres du mouvement fonctionnaliste, ont il y a presque un siècle réalisé ce qui est encore un modèle aujourd’hui.

La première île visitée est celle de Djurgarden, véritable poumon vert en plein centre ville. Nous y découvrons une multitude d’usages où cohabitent joggeurs, promeneurs, touristes, amateurs d’arts ou de sensations fortes ou encore visiteurs de musée. Pour notre part ce sera tour de l’île avec pause au jardin du prince Eugène où est exposée sa collection personnelle d’art, traversée du domaine du château de Rosendals et promenade autour de la prairie de la grange offrant une vue sur les dernières opérations immobilières suédoises.

La ville semble vouloir à travers l’ouverture de nombreux musée, l’arrivé du parc d’attraction et la promotion du Skansen (musée de plein air reconstituant la vie suédoise du XVIIIe au XXe siècle) développer l’attrait pour cette île, au risque que les aménagements nécessaires ne l’éloigne définitivement de l’ancienne espace de chasse royale qu’elle était.

La petite déception face à notre attente d’un espace vert plus sauvage est rapidement compensée par la surprise de trouver le Vasa, un vaisseau du XVIIème siècle, à l’abri derrière les murs du musée éponyme. C’est à la fois la vase dans laquelle il a sombré et les vingt minutes de navigation lors de sa mise à l’eau qui ont permis son incroyable conservation. Six niveaux agrémentés d’explications historiques et techniques permettent aujourd’hui d’en faire le tour et d’apprécier sous une lumière tamisée visant à le protéger la richesse de sa décoration, principalement sur sa poupe et sa proue. Mais pour combien de temps encore ?

Södermalm, littéralement l’île du Sud est notre prochaine étape. Elle est, avec ses nombreux cafés, animé des 17h lors du fameux Fika et jusque tard dans la nuit. En dehors des zones branchées, ce quartier, d’organisation hippodamienne, recèle de jolies surprises telles que l’église Sainte Sophie et l’église Sainte Marie Madeleine ou encore la tour Söder. Il ne faut surtout pas manquer le magnifique panorama sur Gamlastan, le cœur historique de la ville.

La soirée se finira pour Ronan par un concours de plongeon sous l’oeil expert de Gaël, sur les bords du parc Tantolunden, très pratiqué même à cette heure tardive. Les suédois aiment en effet profiter de la lumière encore bien présente en cette saison avant les longues nuits d’hiver !

Nous élargissons encore un peu notre vision de Stockholm en nous rendant sur l’île de Lindingö, qui nous éloigne de l’hyper-centre. C’est sur ses hauteurs que se trouve le Millesgarden, ancienne propriété du sculpteur Carl Milles et de son épouse. On visite aujourd’hui un magnifique jardin, aménagé de son vivant pour être ouvert au public, et un musée abritant des expositions temporaires.

Pour nous, ce sera l’occasion de découvrir le travail de Lars Jonsson et Kent Ullberg, respectivement peintre « ornithologique » et sculpteur animalier. Malgré leurs disciplines très différentes, ils ont en commun le réalisme saisissant de leurs œuvres. L’aménagement du jardin est basé sur un jeu de niveaux et de cloisonnement, créant des espaces de tailles diverses d’où les vues sur mer sont aussi imprenables que variées. Le temps est comme arrêté par les perpétuelles découvertes des statues et des bassins, rendant enchanteresse la déambulation parmi Poséidon, Pégase ou Aganippe.

Retour au centre-ville, où nous pénétrons enfin accompagné d’un guide dans le massif Palais Royal tant aperçu. Sa silhouette cubique et ses murs ternes laissent de marbre, matériau par contre savamment utilisé à l’intérieur. L’aspiration de Charles XII à rivaliser avec Versailles explique la signature française de nombreux éléments du château. C’est donc un peu comme chez nous que nous avons suivi attentivement les explications sur les quatre ordres suédois, la généalogie royale à travers les couronnes du trésor, ou encore les mésaventures de l’ancien bâtiment. Etant encore demeure royale, il arrive que certaines pièces soit surprenantes de modernité, ou bien qu’une partie du palais soit fermée au public. Ce fut le cas pour nous, écourtant quelque peu notre visite, mais nous assurant d’être à l’heure pour assister à la relève de la garde.

A l’instar du Palais, nous ne pouvions manquer l’Hôtel de Ville, dont la tour constitue l’un des points phares du paysage de Stockholm. Les briques rouges de son étrangement nommé Hall Bleu trompent le visiteur dès son entrée sur l’âge de l’édifice, l’architecte ayant donné l’ordre de marteler les murs afin d’en vieillir l’aspect. La salle du conseil a là encore subit les lubies de l’architecte, qui décida à raison au dernier moment de priver la pièce du faux plafond à caissons pour laisser la charpente apparente. Que dire enfin de la Salle Dorée, où chaque carreau de mosaïque recouvert d’une feuille d’or a été posé en deux ans au lieu des sept prévus ! Quelques erreurs en découlent, tel un cavalier sans tête ou des proportions improbables, mais encore une fois l’architecte a su trouver des justifications, bien que parfois hasardeuses.

Le jardin extérieur donnant sur le Riddarfjärden n’a pas à rougir quand on l’aperçoit à travers les arcades de la cour intérieure, en attestent les nombreuses personnes y flânant ou prenant un bain de soleil.

Avant de quitter la capitale, une pause « design » s’impose. Elle arrive malheureusement un peu tard, le musée suédois de référence se trouvant à Göteborg, et celui de Stockholm étant en rénovation, nous nous contentons d’une petite exposition d’artistes… finlandais ! N’étant pas grands connaisseurs et les explications du musée étant succinctes, nous ne prendrons pas ici le risque d’une analyse artistique. Concluons plutôt avec le Hagaparken, dernière halte à Stockholm sur la route d’Uppsala, où nous profitons des rayons de soleil de la fin de journée pour errer entre le Pavillon Chinois, les grandes pelouses et le modeste château.

Une semaine dans une capitale de la taille de Stockholm est vite passée tant les activités peuvent être multiples, à l’image de son architecture et de ses ponts. Qu’on y cherche la verdure de la réserve de Nacka, la culture du Skansen ou des musées de Djurgarden, les sculptures du Millesgarden sur l’île Lindingö, l’ambiance festive et branchée de Södermalm, l’art de rue du Street Festival , les rues historiques de Gamla Stan ou l’aménagement paysager du Skokskyrkogarden, chacun trouvera l’île qui répondra à ses attentes, qu’on y vienne pour quelques jours ou qu’on s’y installe plus longtemps. Parmi les capitales traversées, elle fait partie de celles où l’envie d’y revenir apparaît dès l’instant où on la quitte. Mais qu’en aurait-il été sous la neige des courtes journées d’hiver ?

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