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Avant Stockholm, Gripsholm et Drottningholm

Avant Stockholm,
Gripsholm et Drottningholm

  • Auteur: Gaël et Ronan
  • Date: 22 Juin, 2017
  • Categorie:

Non loin de la capitale, le lac Mälaren est rapidement devenu le lieu de villégiature des rois successifs. En attestent les deux principaux châteaux au sud du lac, ceux de Gripsholm et Drottingholm, bâtis sur ses berges.

Arrivant de l’ouest, c’est à Mariefred que nous mettons une première fois pied à terre, pour traverser le pont-levis menant au mur d’enceinte rouge du château de Gripsholm. Ce château surprend dès son entrée dans la cour intérieure car elle est composée de 6 murs et non des 4 plus habituels. Cette forme en hexagone est l’oeuvre de Gustave Vasa qui transforma la première construction, la forteresse du conseiller d’État Bo Jonsson Grip dont seul le nom a été conservé. 

Ce qui nous a le plus plu lors de notre visite sont les modifications apportées par Gustave III qui y installa la collection nationale de portraits et son salon rond dessiné par Jean Eric Rehn, fondateur du style Gustavien. Enfin le théâtre, dont la taille minimaliste pour l’installer au sommet d’une tour lui confère une ambiance très intimiste, est le plus grandiose des changements apportés par ce souverain, amoureux de cet art.

Du château, notre regard se porte sur le clocher de l’église blanchi à la chaux qui semble percer le ciel. Le temps de traverser la ville niché au creux d’une anse anse du Mälaren sera un peu trop important et nous trouverons porte close. Il est donc temps pour nos de quitter la ville et nous diriger vers l’île de Lovön , où se dresse le château de Drottningholm, « Versailles Suédois » dessiné par les architectes Tessin l’Ancien, puis son fils surnommé le Jeune sur la demande de la reine Hedwige Eléonore.

En chemin, nous ferons une courte halte à Taxinge ayant aperçu sur le bord de la route un panneau indiquant l’existence d’un château. Il est aujourd’hui lieu de réunions du Rotary Club et abrite désormais un restaurant et des galeries d’art. Nous passerons donc plus de temps à parcourir ses jardins occupé lors de notre visite par le tournage d’une émission de concours culinaire et à se baigner sur sa plage aménagé sur les rives du lac Mälaren.

Après une traversé en bac, nous prenons le temps d’un crochet vers Hovgarden dans l’espoir d’attraper le ferry pour Birka, ayant appris lors d’une discussion avec un cordonnier d’Eskiltuna qu’un grand marché Viking s’y tient toujours. Malheureusement il ne s’agit pas d’une ligne régulière mais d’une excursion touristique organisée uniquement pendant les vacances d’été. Nous nous contenterons donc des traces vikings que sont une belle pierre runique et les ruines d’une maison Viking.

La mise en valeur du site et la récente reconstitution d’une de ces maisons avec les techniques de l’époque traduit la volonté de la ville de prendre sa place au sein du patrimoine mondiale de l’Unesco qu’elle constitue avec Birka.

Trêve de digression kilométrique et historique et revenons au palais de Drottningholm. Bien que son impressionnante façade extérieure soit judicieusement mise en valeur par son entrée sur le lac, sa comparaison avec Versailles est quelque peu exagéré. Il n’a pas son faste mais quelques belles surprises attendent le visiteur. Dès notre entrée nous avons été enthousiasmé par la taille de l’escalier en marbre rose dont chaque angle est décoré d’une statues de stuc. 

A l’intérieur, les appartements baroques sont écrasant de richesses à l’instar de la chambre d’Hedwige Eléonore ou la galerie Karl XI. L’architecte Jean Eric Rehn, toujours lui, exprime cette fois, le style gustavien à travers les délicats détails de la décoration de la bibliothèque demandée par Louise Ulrique.

Le parc n’est pas en reste, plutôt pour les bâtiments qu’il abrite que pour ses jardins. Le pavillon chinois construit en une nuit pour l’anniversaire de Louise Ulrique comporte quelques « Chinoiseries » mais c’est surtout sa décoration intérieure comme extérieure qui lui confère son charme exotique. Mais la pièce maîtresse est bien son théâtre du XVIIIème siècle, justifiant le classement de Drottningholm au Patrimoine Mondial de l’Unesco.

La façade pourrait le faire passer pour une annexe quelconque, mais à l’intérieur les subterfuges trouvés dans un souci d’économie réussissent à le rendre remarquable. Après avoir personnellement testé l’ingéniosité de la machinerie, nous sommes convaincus que les effets sonores et visuels devaient contribuer à l’atmosphère théâtrale de la représentation. Dans ce même contexte budgétaire, les nombreux trompe-l’œil ont permis de respecter la symétrie de la décoration classique tout en lui donnant un aspect plus luxueux que la réalité.

Avant même l’arrivée dans la capitale, nous nous familiarisons avec la royauté suédoise post-XVIème siècle à travers les châteaux de Gripsholm et Drottningholm. Chacun possède son théâtre, empreinte de Gustave III, mais leurs architectures très différentes justifient leurs fonctions actuelles distinctes, Gripsholm étant uniquement touristique tandis que Drottningholm héberge également la famille royale.

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