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Bruxelles, capitale bilingue

Bruxelles,
capitale bilingue

  • Auteur: Gaël et Ronan
  • Date: 2 Fév, 2017
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Après une bonne nuit et une douche chaude à Louvain-la-neuve, nous reprenons le chemin de la RV10 qui mène à Bruxelles, (itinéraire balisé par des bénévoles), non sans être passé voir le campus universitaire et les nombreuses fresques qui y décorent les murs. L’histoire de la ville est très récent, puisqu’elle a été construite en plein milieu des champs dans les années 1970, suite à une scission, pour des raisons linguistiques, avec l’université de Louvain.

Nous arrivons quelque peu fatigués dans la capitale belge en fin d’après-midi, après une étape à travers le domaine de Solvay et la forêt de Soignes, riche en sentier boueux à cette saison. Le premier est un parc au sein duquel se trouve le château de la Hulpe, ancienne résidence d’une famille d’industriel, tandis que la seconde est composé de hêtres, anciennement utilisé pour la production du charbon de bois. Nous rejoignons la maison de Matthieu, Anne-Lise et leur fils Tadeusz, qui ont gentiment accepté de nous héberger le temps de notre séjour bruxellois. Ils habitent une ancienne savonnerie où l’ensemble des appartements donne sur un jardin intérieur commun. Belle surprise, d’avoir en plein cœur de Bruxelles un espace vert qui doit être très agréable l’été et qui en cette saison est pratique pour laisser nos vélos en toute sécurité. Il faut bien admettre qu’on préfère visiter les grandes villes à pied, prenant ainsi le temps de s’arrêter quand bon nous semble.

Nous passons la soirée autour d’un bon repas en leur compagnie ainsi que celle d’une amie cycliste Hélène, à discuter des projets de chacun et bien sûr de voyage à vélo. Nous prenons quelques renseignements utiles sur les pays Nordiques vis-à-vis de leurs habitudes, du camping et du coût de la vie sur place. Ils nous conseillent également tous les trois de rejoindre les Pays-Bas en passant par les Zeeland. La soirée s’achève autour de la découverte du lambic, bière dont la fermentation s’opère de manière spontanée grâce à la présence d’une bactérie propre à la capitale faisant tourner la levure des bières. Niveau goût, il faut bien avouer qu’on a été surpris. Après une telle journée, le sommeil est facile à trouver.

Le lendemain, nous traversons la ville au pas de course pour rejoindre l’ambassade de Russie en Belgique, dans le but de faire nos visas pour Saint Pétersbourg. Pas de chance : il faut les faire trois mois maximum avant le séjour, or nous prévoyons de nous y rendre qu’au mois d’août. On ne pédale pas trop mal mais pas à ce point tout de même. Nous revenons donc vers le centre-ville, et profitons du temps qu’il nous reste pour faire les touristes. Un tour à la Grand-Place, dont la réputation n’est pas galvaudée tant les bâtiments l’entourant sont splendides, la place de la Bourse ensuite, qui mérite également le coup d’œil, puis nous mangeons notre première gaufre face au musée des instruments de musique, construit par Paul Saintenoy, que les passionnés d’architecture iront admirer pour son appartenance au style art nouveau. Il avait été conçu à l’origine pour un magasin de tissu, dont on juge leur qualité à la lumière, d’où son grand nombre de baies vitrées. Nous terminons la journée par un passage dans le quartier de l’Europe et traversons le parc Léopold afin de voir de nos yeux le Parlement Européen. Surpris de ne pas le reconnaître, nous nous rendrons compte par la suite que nous avions en tête l’image de celui de Strasbourg.

Troisième jour, après un peu de notre logistique (vaisselle, machine à laver,…), devenue bien rapidement une habitude dès que nous dormons au chaud , nous décidons de débuter notre découverte de la capitale belge par le quartier où nous sommes logés. Nous tombons ainsi sur le Zinneken Pis, statue canine levant la pâte, en clin d’œil au Manneken Pis, puis arrivons aux Halles St Géry. Le bâtiment en briques rouges est superbe, l’intérieur a été réaménagé en café et lieu de détente, et le balcon à l’étage abrite des expositions temporaires. Lors de notre passage, elle s’intitulait « Sex in the City » et nous a laissé assez dubitatif quant à certaines tendances qui se seraient pratiquées. C’est également le soir une zone animée de Bruxelles, où il doit être plaisant de boire un verre dans un des nombreux bars et cafés les entourant. Nous approfondissons notre rôle de touriste et débouchons de nouveau sur la place de la Bourse puis la Grand-Place. Nous prenons encore une fois le temps d’admirer les bâtiments dorés qui la composent : la maison du roi ou musée de la ville de Bruxelles, l’hôtel de ville, les maisons des corporations, la maison des ducs de Brabant. Dans une petite rue adjacente, nous suivons le premier conseil qui nous a été donné en dégustant non pas du chocolat mais quelques langues de chat et autres plaisants produits à la maison Dandoy, biscuiterie réputée à Bruxelles.

Nous enchaînons avec les galeries du Roi et de la Reine, deuxième conseil de visite. Celles-ci nous rappellent quelque peu le passage Pommeraye à Nantes, exception fait qu’il n’y a pas d’étage. A l’époque, il s’agissait d’une grande nouveauté que cet axe piétonnier soit protégé de la boue projetée par les attelages. Nous poursuivons avec la cathédrale des Sts Michel et Gudule dont le grand parvis lui donne le recul nécessaire pour admirer sa hauteur, même si les bâtiments peu remarquables la ceinturant entachent ses alentours. Après l’ascension des marches et l’observation de la façade, nous pénétrons à l’intérieur où nous nous sentons immédiatement surveillés par les statues accolés à chacun des piliers. Puis nous nous arrêtons au Jardin Botanique, et traversons ses serres dans lesquelles nous sommes, au début, surpris par l’absence de végétaux ; nous comprenons plus tard qu’elles ont été transformées en centre culturel. Le parc les entourant mérite tout de même le détour, nous y déjeunons d’ailleurs sur un banc au soleil, face à la trop gigantesque (à notre goût en tout cas) tour des finances.

Profitant du beau temps, nous nous rendons plus au Nord suivre le dernier conseil de Matthieu et Anne-Lise : la «réorientation urbaine » du quartier Tour et Taxis. Il s’agit d’un vaste programme urbanistique, encore en cours, visant à réaffecter les bâtiments ferroviaires existants, recréant ainsi un pôle économique au sein d’un projet immobilier et culturel. Nous pénétrons dans le hall du plus grand bâtiment passif de Belgique, puis dans l’ancien hangar accueillant les trains.

Ce dernier a été superbement restauré tout en conservant les traces de ses anciennes fonction, et il est aujourd’hui utilisé pour héberger des petites entreprises, des cafés et restaurants.

Nous quittons le parc, dont nous apprendrons par la suite qu’il est beaucoup plus vaste que ce que nous avons vu. Il commence à faire nuit, et nous sommes attirés par les animations lumineuses sur les quais en face qui borde le canal Bruxelles-Charleroi. Il s’agit du festival son et lumière Bright Brussels, dont l’entrée est gratuite. Les différentes œuvres observées ne marqueront pas vraiment notre passage dans la capitale.

Il est l’heure de manger, direction Fritland, l’inévitable friterie de la place de la Bourse et mangeons une mitraillette ainsi qu’une dernière gaufre en admirant les éclairages nocturnes de la Grand-place. Nous rentrons ensuite chez nos hôtes, qui ont gentiment acceptés de nous supporter une nuit supplémentaire.

Notre séjour bruxellois se terminant, nous préparons nos sacoches le lendemain matin après avoir fait quelques courses, et quittons Matthieu, Anne-Lise et Tadeusz en début d’après-midi. Avant de prendre la direction de Gand, nous nous arrêtons prendre la pause devant l’Atomium, immense construction créée pour l’Exposition Universelle de 1958.

La découverte de Bruxelles sur trois jours clôt notre passage en Belgique francophone, 85 % des bruxellois parlant notre langue. Nous y avons beaucoup marché, mais nous n’avons bien sûr pas pu tout voir, nous n’avons notamment pas pris le temps de rentrer dans des musées tels que celui des instruments de musique ou Magritte, pu profiter des serres royales fermées pendant l’hiver ou encore parcourir le parc du Cinquantenaire. Comme souvent, les capitales vous émerveillent par ce que vous avez vu et vous frustre par ce que vous ne pourrez voir qu’une prochaine fois, Bruxelles ne fait pas exception à cette règle.

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