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Évènements vécus

Château de Douvres

Posté par sur 19 h 42 min dans Evènements vécus | Aucun commentaire

Château de Douvres

Aujourd’hui cette ville est plus mise sur le devant de la scène par la volonté des migrants de la jungle de Calais de se rendre au Royaume-Uni via l’Eurotunnel et les positions politiques migratoires de la France et de l’Angleterre vis-à-vis de cette crise sociale que du festival sur la seconde guerre mondiale au sein de son château auquel nous avons assisté.

L’arrivée à Douvres

Avant de vous parler de cette palpitante journée où nous avons côtoyé au sein d’un même lieu les différents aménagements défensifs côtiers à travers 11 siècles d’histoire, laissez nous vous raconter le contexte.

Quand nous sommes arrivés à Douvres, nous venions de longer la White Cliff et avons découvert que Douvres méritait une véritable halte, mais vu l’heure tardive nous n’en avions plus le temps. Notre volonté de visiter son patrimoine étant plus forte, nous avons fait demi-tour pour trouver un campement et tirer un de nos premiers enseignements : Si l’heure est trop tardive il faut camper un peu avant d’entrer dans une grande ville pour éviter de  devoir la quitter frustré ou produire un effort supplémentaire en faisant demi-tour.

La leçon apprise, un inoubliable petit-déjeuner avalé sur les hauteurs de la falaise et les 2 tickets d’entrée à 20£ chacun achetés, laissez nous vous compter notre journée au Château de Douvres.

Histoire du château

Les grandes dates

  • Âge du fer : première trace de fortification
  • 43-270 : Conquête romaine et érection du phare
  • 7ème siècle : Construction de l’église abbatiale
  • 1066 : Construction du 1er château par Guillaume Le Conquérant et extension des fortifications suite à la réception de la reddition de Douvres
  • 1179 – 1188 : Henri II dessine la silhouette actuelle du château en ajoutant le donjon et le mur d’enceinte.
  • 1216 : Premier test des fortifications pendant la guerre entre Jean sans Terre et ses barons. De plus c’est la première fois depuis 140 ans que l’Angleterre doit faire face à une puissance hostile de l’autre côté de la Manche. Le roi Jean n’eut pas d’autre choix que d’accorder toute la priorité à la défense de la côte.
  • 1217 : Après le décès de Jean sans Terre, son fils Henri III est proclamé roi et subit le siège de Louis VIII. Malgré la victoire anglaise, les fortifications du château ont montré leurs faiblesses et c’est pourquoi Henri III améliore sa défense du château, en ajoutant des tours tels que la St John’s Tower et la Peverell’s Tower, ainsi que les portes Constable’s Gateway et Fitzwilliam’s Gateway.
  • 1642 : Prise du château par les habitants qui soutiennent le parlement alors que la garnison du château soutient le roi lors de la première guerre civile anglaise.
  • 18ème siècle: Lors des guerres napoléoniennes, le colonel William Twiss modernise les défenses du château en ajoutant les demi-bastions Horseshoe, Hudson, East Arrow et East,  le Canon’s Gateway et le creusement d’installations sous la falaise.
  • 1815 : La fin des guerres napoléoniennes entraîne la réduction des défenses de Douvres et est plutôt utilisé comme quartier général alors que le nouveau Fort Burgoyne, construit sur une parcelle plus élevée au nord-est du château, assume les autres fonctions militaires.
  • 20ème siècle: Les deux guerres mondiales, imposent l’équipement de canons de DCA, de projecteurs ainsi qu’un radar.
  • 1940 : De nouveaux tunnels sont construits pour abriter un hôpital et des quartiers-généraux.
  • 1963 : L’armée confie le château de Douvres au Ministry of Works pour être préservé.

Les principaux bâtiments

Le Phare Romain

Le phare est une tour octogonale de 24m de haut sur 5 étages construite en pierre de silex et en marne extraites des environs et habillées de briques. Les 4 premiers étages, avec leurs strates d’égalisation en brique sont de la maçonnerie romaine et l’étage supérieur fut reconstruit en 1426-36 par le duc Humphrey de Gloucester, pour en faire le beffroi de l’église voisine. Dans les années 1580, il fut doté d’une toiture, d’un plancher aux étages et d’un crépi sur l’extérieur pour servir de poudrière.

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L’église Sainte-Marie-in-Castro

Construite par les Saxons à côté du phare romain, elle possède encore les murs extérieurs et les voûtes de la tour centrale d’origine. Sa taille et son plan cruciforme laisse à penser qu’il s’agit d’une église abbatiale ayant abrité une communauté de prêtre. L’église est construite de décombres de maçonnerie composés de pierre de silex et de marne, avec des briques romaines récupérées placées dans les coins et à l’embrasure des portes et des fenêtres. L’église fut restaurée à l’occasion d’importants travaux de réparation du château en 1582, mais tomba en désuétude à la fin du XVIe siècle. Elle servit même de court pour le « Game of fives » (sorte de jeux de paume) ou encore de réserve à charbon pendant les guerres napoléoniennes. Elle reprit son rôle d’église après la restauration de l’architecte George Gilbert en 1862 et celle de l’architecte William Butterfield qui ajouta l’étage supérieur de la tour et la décoration intérieur du chœur avec ces murs polychromes, la mosaïque et le carrelage de son sol.

La Haute-Cour

Ponctuée de ses 14 tours rectangulaires, elle formait le cœur du château fort médiéval. L’enceinte est fabriquée en moellons de pierre revêtus de marne du Kent et habillés de jolie pierre taillée de Caen, en calcaire jaune clair. A l’origine, la plupart des tours étaient dotées de trois pans seulement, laissées béantes à l’arrière, elles ne seront fermées par des édifices que plus tard. La haute-cour est dotée deux portes toutes deux protégées par des tours flanquantes. (Tour permettant d’effectuer des tirs parallèles au mur à défendre).

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Le Donjon

Il est le dernier construit des donjon-palais anglo-normands, et son imposante forme carrée à tourelles avait pour but de symboliser l’affirmation du pouvoir royal.  Il mesure 30m de long sur 29m de large, 25m de haut et ses murs peuvent atteindre une épaisseur de 6m. Si le donjon fait 4 étages de haut, il n’a jamais eu que trois étages à l’intérieur : l’étage supérieur a toujours été « factice », destiné à cacher un toit en renfoncement. Le deuxième étage est le niveau de l’entrée et il était plus haut de plafond. Cet étage était probablement destiné au roi et le premier étage à une autre personne de haut rang. Son agencement interne est composé de la grande salle du Roi, de la chapelle de Thomas Becket, de la chambre du Roi. Ce qui nous a beaucoup plu dans la visite de ce donjon est la réussite par l’organisme public English Heritage de son aménagement à la mode d’Henri II et sa cour. Tous les objets présentés sont certes de manufacture moderne mais basés sur des exemples survivants ou des illustrations de manuscrits. Le Rez-de-chaussée quant à lui devait servir d’entrepôt mais la présence d’un grand four à pain laisse penser qu’en dépit de l’absence de cheminées, on pouvait préparer des repas dans cet édifice. Il servit plus de réserves ou de geôles au cours de son histoire que de logis aux monarques.

La défense du château

Après avoir fait le tour du propriétaire, nous avons passé le reste de notre journée à admirer l’ingéniosité humaine dans le développement des systèmes de défense. Les protections extérieures délimitent une surface de plus de 4ha, ce qui fait du château de Douvres l’un des plus grands des îles britanniques.

Le talus et les fossés énormes sur lesquels trône le château visible aujourd’hui ont été édifiés il y a plus de 2000 ans. Particularité insolite, les tours de l’enceinte extérieure étaient reliés au château par une série de tunnels, permettant ainsi aux défenseurs de contrôler les hauteurs tout en contrant un assaut porté sur les tours en contrebas. Ces tunnels où l’on se perd facilement sont uniques et figurent parmi les ouvrages de génie militaire médiéval les plus remarquables et les plus ingénieux de la Grande-Bretagne du Moyen-Âge.

La porte du Connétable est la plus imposante des entrées du château avec ses 3 tours mais n’est pas celle que la plupart des visiteurs, dont nous, empruntent. Celle-ci se dresse au-dessus d’un très haut soutènement pentu en raison de la profondeur des douves. Un agréable logement fut construit au-dessus de la porte pour le connétable et fut l’élément déclencheur de la tradition de créer des corps de garde résidentiels imposants.

L’enceinte occidentale part du Sud de la porte du Connétable pour se poursuivre tout le long de la falaise et est renforcée par 7 autres tours de formes variées. L’enceinte actuelle est issue de son rabaissement et de son renfort par des talus à l’arrière pour supporter le poids des canons et mieux résister aux tirs d’artillerie adverse. Dans ce mur fut taillée la porte du Canon dont le pont qui lui fait face est en fait une caponnière à deux étages, c’est-à-dire un passage couvert à partir duquel les défenseurs pouvaient couvrir de leurs tirs le fossé en contrebas.

Les défenses orientales filent droit vers l’est et sont ponctuées de tours murales ainsi que des casemates de la caserne. Le mur est percé par la porte baptisée Fitzwilliam qui se distingue des autres par les 3 tours en forme de bec qui la compose. Sur ce mur, la tour d’Avranches trône fièrement et possède une particularité qui nous a marqué, des meurtrières agencées par groupes de trois et disposées en éventail.

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Les défenses maritimes nous ont fait faire un bon dans le temps puisqu’elles sont postérieures à la période médiévale et lié aux améliorations technologiques dans l’armement. En effet, l’augmentation de la portée des canons permit de pouvoir protéger le port en contrebas. Le poste de guet que l’on voit aujourd’hui joua un rôle important lors des deux guerres mondiales. L’intérieur nous plonge dans ce que nos arrières grands-parents bretons ont pu connaitre, puisqu’il a été restauré et partiellement équipé d’objets authentiques lui rendant l’aspect qu’il devait avoir en 1918.

Les tunnels de guerres semblent être l’élément à observer du château au vu du nombre de visiteurs faisant la queue pour y pénétrer. Malheureusement pour nous, nous n’arriverons pas à trouver le temps de visiter les galeries. Ces galeries que nous ne pourrons vous décrire faute de les avoir parcourues ont été creusées dans la craie pendant la Terreur pour pourvoir à l’hébergement d’une garnison de plusieurs milliers d’hommes à l’intérieur d’une forteresse déjà bien encombrée. Leurs rôles changèrent pendant les guerres mondiales en servant de quartier général et d’hôpital. Ces aménagements  permirent l’évacuation de Dunkerque (opération Dynamo : Sans aucun équipement et avec très peu de ressources, l’amiral Sir Bertram Ramsay organisa et coordonna l’évacuation réussie de 338 000 soldats, réalisant ainsi l’une des plus importantes missions de sauvetage de l’histoire) et joua également un grand rôle dans le cadre de l’opération Fortitude, qui visait à induire l’Allemagne en erreur (le château fût utilisé comme siège théorique du premier groupe fictif de l’armée américaine (le FUSAG), supposé être dirigé par le général George Patton. Des péniches de débarquement, des routes et des terrains d’aviation factices furent construits dans le comté du Kent, ainsi que de fausses communications radio furent émises avec l’objectif de faire croire à un semblant d’activité dans le sud-est du Royaume-Uni. Ainsi, les Allemands furent amenés à penser que le débarquement allié en Europe serait mené depuis Douvres et aurait lieu dans le Pas-de-Calais alors qu’en réalité, le vrai débarquement comme nous le savons, se déroula en Normandie le 6 juin 1944.

À travers les siècles, les défenses ont toujours été élargies et améliorées car le château a tenu un important rôle militaire, la position du château de Douvres sur une colline du comté du Kent dominant la Manche étant  idéale.  Il s’agit en effet du point d’Angleterre le plus proche du continent européen, d’où son rôle éminemment  stratégique d’un point de vue militaire.

Le festival « World War II »

Le jour où nous avons visité le château, nous avons eu la chance qu’il corresponde à un bank holiday. (Les bank holidays sont les jours fériés, originellement, de fermeture des banques, d’où leur nom, décrétés par une loi du Parlement au Royaume-Uni ; mais ne sont pas les seuls jours fériés bien que l’expression soit employée communément pour tous les englober. Ils ne sont pas obligatoirement chômés, mais c’est le cas pour la majorité de la population active.) Et oui en ce dernier lundi de mai, nommé Late Spring Bank Holiday qui remplacé le lundi de Pentecôte depuis la promulgation du Banking and Financial Dealings Act en 1971, nous avons pu assister en même temps que notre visite du château à une reconstitution d’un assaut durant la seconde guerre mondiale.

Nous avons donc pu assister entre la visite de chaque bâtiment à des animations permettant de montrer l’impressionnante puissance de feu déployé lors de ce conflit. Le bruit des détonations nous a vraiment surpris, les films de guerre que l’on peut voir à la télé n’imitent pas vraiment la réalité. On a également pu s’amuser à parier sur lequel des jeunes enfants anglais finiraient premier au parcours du combattant et admirer de jolies anglaises se faire coiffer et maquiller à la mode des années 1940. Je ne peux vous expliquer comment, par la suite, nous avons pu manquer le défilé aérien. Ce n’est pas faute d’avoir scruté le ciel, le mustang et le spitfire ne seront observés qu’au sol. Nous avons également admiré un spectacle de chant dans un décor de cabaret d’époque dont le but était de divertir les soldats. Enfin le clou du spectacle fut la reconstitution de l’assaut d’un quartier général Nazi où les nombreux rebondissements nous ont plongés pendant 20 min dans un palpitant témoignage historique.

 

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Nous ne pouvions passer à Nottingham sans visiter son château, célèbre grâce à l’histoire de Robin des Bois. Persuadés de visiter un château médiéval, nous avons été très surpris de découvrir un manoir d’architecture maniériste, l’un des rares exemples restant en Angleterre.

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